« Le dialogue interparlementaire, bien que moins visible que les sommets de chefs d’Etat, est essentiel. C’est bien nous, parlementaires, qui sommes responsables de la déclinaison dans la loi des ambitions mondiales. »

Ces mercredi et jeudi, j’ai représenté le président Richard Ferrand à la Conférence mondiale des Présidents de Parlement organisée par l’Union interparlementaire (UIP). Crise sanitaire oblige, celle-ci s’est effectué en visioconférence.

Créée à la fin du XIXe siècle par quelques parlementaires pour prôner la coopération internationale, cette association regroupe aujourd’hui 179 Parlements. 13 assemblées parlementaires régionales y sont associées – notamment le Parlement européen.

Sur deux jours, nous avons examiné cinq rapports.

Le premier portait sur l’égalité et l’autonomisation des femmes. Alors que des lois discriminatoires touchent encore 2,5 milliards de femmes à travers le monde, la mise en œuvre du cinquième objectif de développement durable est plus que jamais d’actualité. Nous avons ainsi recommandé la mise en place de quotas paritaires lors des élections législatives ainsi que le renforcement général des législations en ce qui concerne les violences faites aux femmes et le harcèlement.

Le second rapport portait sur la représentation des jeunes en politique. Alors qu’un quart de la population mondiale a entre 15 et 30 ans, seuls 2,2 % des parlementaires ont moins de 30 ans. Le chiffre est semblable en France. L’UIP a donné à ses membres l’objectif de rajeunir leurs effectifs, en comptant 35% de parlementaires de moins de 40 ans à l’échelle mondiale. En France, moins de 20 % des députés ont moins de 40 ans.

Nous avons examiné un rapport concernant la « décennie d’action », pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030. L’examen de ce rapport a permis de rappeler l’engagement essentiel des Parlements, et le fait que chacun doit montrer l’exemple pour inciter ses partenaires à en faire de même.

Un rapport concernant l’évolution du rôle des Parlements au XXIe siècle a été débattu. Face à la crise de confiance envers les institutions et à l’heure de l’instantanéité des réseaux sociaux, les débats ont souligné la nécessité de la participation des citoyens.

Le dernier rapport portait sur les nouveaux enjeux relatifs à la science, la technologie et l’éthique. Alors que, en France, nous venons d’examiner le projet de loi bioéthique, que nous avons longuement débattu sur le sujet des données personnelles et que l’intelligence artificielle n’est plus une utopie, ce rapport était particulièrement d’actualité. Nous nous sommes accordés sur une nécessaire coordination de nos législations sur le numérique et de l’éthique scientifique, en sus de la question essentielle de la fiabilité de l’intelligence artificielle.

« Mettre la science à profit pour le développement de l’humanité, protéger les hommes contre l’utilisation abusive de certaines technologies »

Enfin, plusieurs débats ont nourri ces deux journées de travail, tant sur la question de l’amélioration de la gouvernance, du terrorisme ou encore l’intensification de l’action parlementaire concernant le changement climatique. Le sujet du vaccin contre la Covid-19 a également fait l’objet de nombreux échanges.

La conférence s’est terminée par le vote d’une déclaration commune. Celle-ci a, au regard de l’actualité, largement abordé la Covid-19 et l’ensemble de ses conséquences, sanitaires, sociales et économiques. Nous avons également rappelé notre soutien à l’action de l’Organisation mondiale de la Santé et insisté sur la nécessité de coopérer en ces temps particuliers.

Je suis intervenue jeudi matin sur RCF Anjou afin de faire un premier bilan de nos nombreux échanges et de notre travail, toujours plus poussé, de coopération interparlementaire. Vous pouvez retrouver mon interview ci-dessous.