Du 5 au 9 octobre 2026, j’ai participé à la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), à Arusha, en République-Unie de Tanzanie. Une semaine de travail intense consacrée à la diplomatie parlementaire, à la sécurité internationale, à l’intelligence artificielle, aux droits des femmes et à la protection des enfants.

Du 5 au 9 octobre, j’ai participé à la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), qui rassemble des parlementaires du monde entier pour débattre des grands défis internationaux et renforcer le dialogue entre les nations.

Cette semaine de travail, organisée autour du thème « Renforcer la bonne gouvernance et les capacités des populations locales grâce à l’inclusion, à la confiance et à l’égalité des chances », a été l’occasion d’aborder des sujets particulièrement importants pour l’avenir de nos démocraties : la recherche de la paix, les nouvelles menaces liées aux technologies, la place des femmes dans la vie politique et la nécessité de garantir les droits fondamentaux de chacun.

À travers les différentes réunions auxquelles j’ai participé, une même question a traversé les débats : comment les parlements peuvent-ils agir concrètement pour répondre aux crises internationales, protéger nos libertés et construire des sociétés plus inclusives ?

Faire vivre la diplomatie parlementaire au service de la paix

La paix et la sécurité internationale ont occupé une place centrale dans mon programme, notamment au sein de la Commission permanente de la paix et de la sécurité internationale.

J’ai participé à deux réunions-débats consacrées, d’une part, au rôle des parlements dans la consolidation de la paix à l’ère de l’intelligence artificielle militaire et, d’autre part, à la manière de bâtir un avenir pacifique grâce à la diplomatie, à la médiation et au dialogue parlementaires.

Ces échanges mettent en lumière une responsabilité essentielle des parlementaires : contribuer à la prévention des conflits, soutenir les démarches de dialogue et veiller à ce que les évolutions technologiques ne se fassent pas au détriment de la sécurité collective et du respect du droit.

La diplomatie parlementaire a toute sa place dans cette démarche. En permettant aux élus de pays différents de se rencontrer, de confronter leurs analyses et de rechercher des points de convergence, elle contribue à maintenir des canaux de communication, y compris lorsque les relations internationales sont particulièrement tendues.

J’ai également participé à une consultation informelle à huis clos consacrée aux voies vers une coexistence pacifique au Moyen-Orient, ainsi qu’aux travaux du Groupe consultatif de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Ces sujets rappellent l’ampleur des défis auxquels la communauté internationale est confrontée. Ils soulignent aussi l’importance de la prévention, de la coopération entre les États et de la recherche de solutions durables, qui ne peuvent se limiter à la seule réponse sécuritaire.

Intelligence artificielle : anticiper les risques et préserver les droits fondamentaux

L’intelligence artificielle a constitué un autre fil conducteur de cette Assemblée. Ses applications transforment nos sociétés et ouvrent des perspectives considérables, mais elles soulèvent également des questions majeures en matière de sécurité, de droits fondamentaux et de responsabilité démocratique.

Au sein de la Commission permanente de la paix et de la sécurité internationale, j’ai participé à une réunion consacrée au rôle des parlements dans la consolidation de la paix à l’ère de l’intelligence artificielle militaire.

Le développement de ces technologies impose de réfléchir à leurs conséquences sur les conflits armés, à la place de la décision humaine et aux mécanismes de contrôle nécessaires. Les parlementaires ont un rôle à jouer pour examiner les cadres juridiques applicables, exercer leur mission de contrôle et contribuer à la réflexion internationale sur les risques associés à ces évolutions.

J’ai également pris part aux travaux de la Commission permanente du développement durable consacrés à l’intelligence artificielle et à l’avenir de l’emploi.

L’IA transforme déjà les métiers, les compétences recherchées et l’organisation du travail. Elle peut ouvrir de nouvelles perspectives, mais ses bénéfices ne seront pas automatiquement partagés par tous. L’anticipation des mutations professionnelles, la formation et l’accompagnement des travailleurs sont donc des enjeux essentiels.

Notre responsabilité collective est de faire en sorte que l’innovation soit un levier de progrès, sans ignorer les conséquences économiques et sociales qu’elle peut entraîner.

Placer les droits de l’enfant au cœur de l’intelligence artificielle

Le 7 octobre, j’ai participé à l’atelier consacré à la promotion d’une intelligence artificielle éthique respectueuse des droits de l’enfant.

Ce sujet mérite une attention particulière. Les enfants évoluent dans un environnement numérique en constante transformation. L’intelligence artificielle peut contribuer à personnaliser les apprentissages, faciliter l’accès à l’information et améliorer certains services, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Mais ces opportunités s’accompagnent de risques bien réels : atteintes à la vie privée, collecte et exploitation des données personnelles, surveillance, biais algorithmiques, désinformation et exposition à des contenus préjudiciables. Les outils d’IA générative peuvent également faciliter la création de contenus manipulés susceptibles de porter atteinte à la dignité et à la sécurité des enfants.

À ces risques s’ajoute celui de la fracture numérique. Tous les enfants ne disposent pas du même accès aux technologies ni des mêmes compétences pour les utiliser. Sans politiques adaptées, l’intelligence artificielle pourrait accentuer des inégalités déjà existantes.

L’innovation technologique ne doit jamais faire passer les droits de l’enfant au second plan.

Les parlements disposent de leviers essentiels pour agir : adopter des législations protectrices, garantir la sécurité en ligne, renforcer la transparence des systèmes algorithmiques et demander des comptes aux acteurs qui développent ou utilisent ces technologies.

La protection des enfants doit notamment être prise en compte dans la conception des systèmes d’intelligence artificielle, dans l’évaluation de leurs conséquences et dans leur utilisation dans les domaines sensibles.

Cet atelier a rappelé l’importance d’une gouvernance de l’IA fondée sur les droits humains et sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. Le progrès technologique doit rester au service de l’être humain, et non l’inverse.

Renforcer la sécurité maritime et protéger les infrastructures vitales

La Commission permanente de la paix et de la sécurité internationale a également organisé une audition d’experts consacrée à la préparation d’une résolution sur le renforcement de la sécurité maritime et la protection des infrastructures vitales en temps de conflit.

La liberté de navigation et la sécurité des routes maritimes sont essentielles aux échanges internationaux et à la stabilité économique mondiale. Les conflits peuvent perturber les approvisionnements, fragiliser les infrastructures stratégiques et avoir des conséquences qui dépassent largement les régions directement touchées.

Les travaux préparatoires de cette résolution ont permis d’aborder le rôle que les parlements peuvent jouer dans la préservation de la navigation internationale et dans la protection des infrastructures indispensables au fonctionnement de nos économies.

Ce sujet illustre la nécessité d’une approche globale de la sécurité internationale, associant coopération entre les États, respect du droit international et contrôle démocratique des politiques mises en œuvre.

J’ai également participé aux travaux institutionnels de cette commission, notamment à l’élection de son Bureau.

Défendre la place des femmes dans la diplomatie et la vie politique

L’égalité entre les femmes et les hommes et la participation des femmes aux décisions publiques ont également occupé une place importante dans mon programme.

J’ai participé à la 42e session du Forum des femmes parlementaires de l’UIP, dont les travaux ont notamment porté sur le leadership des femmes en matière de diplomatie et de consolidation de la paix.

Dans un contexte international marqué par des crises multiples, la représentation des femmes dans les processus de décision et de médiation constitue un enjeu majeur. Leur participation doit pouvoir s’exercer pleinement dans les services diplomatiques, les négociations de paix et les institutions multilatérales.

Il ne s’agit pas seulement d’améliorer la représentation des femmes dans les instances de pouvoir. Il s’agit également de garantir qu’elles puissent contribuer effectivement aux décisions, participer à la définition des priorités et exercer des responsabilités dans la recherche de solutions aux conflits.

Le Forum a également examiné le projet de résolution consacré au développement social inclusif et aux stratégies parlementaires visant à promouvoir les droits et l’autonomisation des personnes handicapées, avec une attention particulière à la dimension de genre.

Cette approche rappelle que les politiques d’inclusion doivent tenir compte de la diversité des situations et des obstacles spécifiques auxquels certaines personnes sont confrontées.

L’égalité réelle suppose des engagements politiques, des textes adaptés et des moyens permettant de transformer les principes en résultats concrets.

Lutter contre les violences numériques en politique

Le 8 octobre, j’ai participé au débat paritaire intitulé « Femmes et hommes parlementaires unis pour que la politique en ligne soit plus sûre », consacré à la violence numérique en politique.

Les réseaux sociaux et les outils numériques ont profondément transformé la communication politique. Ils permettent de diffuser les idées, de dialoguer avec les citoyens et de rendre l’action publique plus accessible. Mais ils peuvent aussi devenir des espaces de harcèlement, d’intimidation et de violences visant les responsables politiques.

Ces violences soulèvent un enjeu démocratique majeur. Lorsqu’elles cherchent à intimider, à discréditer ou à réduire au silence des élus, elles peuvent fragiliser la liberté d’expression et la qualité du débat public. Elles peuvent également constituer un obstacle à la participation politique, notamment pour les femmes.

La lutte contre ces phénomènes doit permettre de mieux protéger les personnes ciblées, de responsabiliser les acteurs concernés et de favoriser un environnement numérique compatible avec les principes démocratiques.

Le format paritaire de ce débat était particulièrement pertinent : la sécurité de la vie politique en ligne concerne les femmes comme les hommes et nécessite une mobilisation collective.

La liberté du débat démocratique ne peut être pleinement garantie si celles et ceux qui y participent sont exposés à des violences destinées à les faire taire.

Développement durable et transformations économiques : préparer l’avenir

Au sein de la Commission permanente du développement durable, j’ai participé aux échanges consacrés à l’intelligence artificielle et à l’avenir de l’emploi, ainsi qu’aux préparatifs de la réunion parlementaire organisée à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP31, en Türkiye.

Ces travaux mettent en évidence la nécessité d’anticiper les transformations économiques et environnementales plutôt que de les subir.

L’intelligence artificielle, les mutations du travail et les changements climatiques posent des questions qui nécessitent des réponses coordonnées, des politiques publiques cohérentes et une coopération internationale renforcée.

Les parlements ont un rôle déterminant à jouer dans cette démarche : débattre des orientations proposées, adopter les cadres législatifs nécessaires, examiner les moyens budgétaires mobilisés et contrôler la mise en œuvre des engagements pris.

J’ai également pris part aux travaux institutionnels de cette commission, notamment à l’élection de son Bureau.

Une Assemblée placée sous le signe de la responsabilité parlementaire

Au-delà des réunions thématiques, la 153e Assemblée a été rythmée par les travaux de ses instances statutaires.

J’ai participé à l’audition des candidats à la présidence de l’UIP, puis aux travaux du Conseil directeur, notamment à l’élection de la nouvelle présidence, à l’examen des questions relatives aux droits humains des parlementaires et aux rapports des réunions spécialisées.

Le 9 octobre, Milton Dick, président de la Chambre des représentants d’Australie, a été élu 32e président de l’Union interparlementaire, succédant à Tulia Ackson, qui achevait son mandat de trois ans.

La fin de l’Assemblée a également été consacrée à l’adoption des résolutions, aux rapports des commissions permanentes, au document final du débat général et aux amendements aux Statuts de l’organisation.

Le volet consacré à la redevabilité dans la mise en œuvre des résolutions et des autres décisions de l’UIP mérite une attention particulière. En matière internationale comme au niveau national, les engagements n’ont de portée réelle que s’ils sont suivis d’effets.

Cette exigence de responsabilité est au cœur du travail parlementaire : il ne suffit pas de fixer des objectifs, il faut aussi vérifier leur mise en œuvre et évaluer leurs résultats.

Poursuivre l’engagement en faveur du dialogue et de l’action

Cette semaine à Arusha a été l’occasion de travailler sur des sujets très différents, mais étroitement liés : la prévention des conflits, la sécurité internationale, les bouleversements technologiques, la protection des droits fondamentaux, l’égalité entre les femmes et les hommes et les transformations économiques et environnementales.

Tous rappellent que les parlements ne peuvent rester à l’écart des grandes mutations du monde. Par leur fonction législative, leur pouvoir de contrôle et leur capacité à représenter les citoyens, ils ont une responsabilité essentielle dans la construction de réponses démocratiques aux défis contemporains.

Je retiens particulièrement l’importance de maintenir le dialogue, même lorsque les divergences sont profondes, et de faire en sorte que les avancées technologiques, les politiques de sécurité et les transformations économiques restent compatibles avec nos principes fondamentaux.

La coopération parlementaire internationale ne résout pas, à elle seule, les crises qui traversent le monde. Elle constitue néanmoins un espace indispensable pour confronter les expériences, rechercher des solutions communes et renforcer la responsabilité des institutions.

À Arusha, j’ai poursuivi cet engagement au sein de l’Union interparlementaire, avec la conviction que la paix, la démocratie et l’égalité se construisent par un travail constant, des engagements suivis d’effets et une volonté partagée de placer les droits et la dignité humaine au cœur de l’action publique.

Faire vivre le dialogue, protéger les libertés et transformer les engagements en actions concrètes : c’est aussi cela, le rôle des parlementaires au service de nos concitoyens et de la communauté internationale.