Le samedi 12 septembre, j’ai eu le plaisir de participer aux premières Rencontres européennes des Bernardins, à Paris, à l’occasion d’une table ronde consacrée à la géopolitique et à la sécurité.

Intitulée « L’Union européenne, née pour la paix, se réarme : est-ce un reniement ? », cette table ronde nous a permis d’aborder une question devenue centrale : comment l’Europe peut-elle renforcer sa capacité à assurer sa propre sécurité tout en restant fidèle au projet de paix qui a présidé à sa construction ?

Une Europe face à un nouvel environnement stratégique

Le contexte international a profondément changé. Le retour de la guerre sur le continent européen, la multiplication des crises et l’évolution des rapports de force internationaux nous obligent à repenser notre approche de la sécurité.

Pendant longtemps, la construction européenne a été pensée avant tout comme un projet de réconciliation et de paix. Elle le demeure. Mais préserver la paix suppose aussi d’être capable de la défendre.

C’est tout l’enjeu du débat sur la défense européenne : renforcer nos capacités, développer nos coopérations et permettre aux Européens de mieux prendre en main leur sécurité, sans perdre de vue les valeurs et le projet politique qui fondent l’Union européenne.

Une réflexion européenne, au-delà des frontières nationales

Cette rencontre a été particulièrement intéressante par la diversité des intervenants et des expériences réunies autour de la table. Les enjeux de sécurité ne peuvent plus être appréhendés uniquement à l’échelle nationale : ils nécessitent une véritable réflexion européenne.

Mon parcours d’officier de l’armée de Terre, notamment comme commandant d’unité à la brigade franco-allemande, m’a permis de mesurer concrètement la valeur de la coopération entre Européens. Mon engagement parlementaire, au sein de la commission des Affaires étrangères, prolonge aujourd’hui cette expérience sur le terrain des relations internationales et de la défense.

Je suis convaincue que la France a un rôle particulier à jouer pour faire avancer cette ambition européenne, en favorisant la coopération entre nos partenaires et en défendant une Europe capable de prendre davantage de responsabilités dans sa propre sécurité.

Défendre la paix, c’est aussi se donner les moyens de la préserver

Les échanges des Bernardins ont permis de poser cette question essentielle : le renforcement de notre défense constitue-t-il une rupture avec le projet européen de paix, ou au contraire l’une des conditions de sa pérennité ?

À mes yeux, le débat mérite mieux que des oppositions simplistes. La volonté de construire la paix et la nécessité de pouvoir se défendre ne sont pas contradictoires. Dans un monde où les équilibres stratégiques évoluent rapidement, notre responsabilité est de donner à l’Europe les moyens de protéger ses citoyens, ses intérêts et ses valeurs.

Ces premières Rencontres européennes des Bernardins ont été un temps précieux de dialogue et de confrontation des points de vue. C’est aussi par ce type d’échanges, entre Européens, que nous pouvons contribuer à faire émerger une Europe plus consciente de ses responsabilités et davantage capable d’agir.