Le 25 septembre, j’étais présente à Saumur, aux côtés des autorités civiles et militaires, des anciens combattants et des représentants de la communauté harkie, à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis.
Réunis devant le monument aux morts, nous avons rendu hommage à celles et ceux qui ont servi la France pendant la guerre d’Algérie, ainsi qu’à leurs familles, qui ont traversé des épreuves particulièrement douloureuses.
Des soldats de France, une histoire qui nous oblige
Les Harkis et les autres membres des formations supplétives se sont engagés aux côtés de l’armée française entre 1954 et 1962. Leur engagement a été suivi, pour beaucoup d’entre eux, de violences, de persécutions, de l’exil et de conditions d’accueil particulièrement difficiles en France.
Leur histoire est celle d’une fidélité à la France, mais aussi celle d’une tragédie humaine dont les conséquences ont marqué plusieurs générations.
Leur rendre hommage, c’est reconnaître leur engagement et les sacrifices consentis. C’est également regarder notre histoire avec lucidité, en donnant toute sa place à la souffrance des anciens combattants, de leurs épouses, de leurs enfants et de leurs descendants.
Un devoir de reconnaissance et de transmission
La cérémonie de Saumur a rappelé combien le travail de mémoire demeure essentiel. Les commémorations nationales ne sont pas seulement des rendez-vous avec le passé : elles permettent de transmettre aux jeunes générations une histoire parfois méconnue et de faire vivre la reconnaissance due à celles et ceux qui ont servi notre pays.
Cette reconnaissance doit s’accompagner d’une attention durable portée aux familles harkies, à leur mémoire et à la transmission de leur histoire.
En tant que députée, je suis attachée à ce devoir de mémoire, qui nous invite à ne pas oublier les sacrifices consentis et les épreuves traversées.
Honorer les Harkis, c’est reconnaître leur place dans notre histoire nationale, écouter leurs familles et transmettre leur mémoire avec dignité et fidélité.
Je remercie l’ensemble des personnes présentes à Saumur pour leur participation à cet hommage et leur engagement en faveur de la transmission de cette mémoire.
Article du Courrier de l’Ouest du 26 septembre 2026
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Déclaration de Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants, à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux harkis, aux moghaznis et aux personnels des diverses formations supplétives et assimilés en reconnaissance des sacrifices qu’ils ont consentis et des sévices qu’ils ont subis du fait de leur engagement au service de la France lors de la guerre d’Algérie, à Paris le 25 septembre 2026.
Le 25 septembre, la France tout entière s’incline et se recueille à la mémoire des Harkis et autres membres des formations supplétives.
Aujourd’hui, nous honorons ces combattants dont l’histoire tient une place si particulière dans la nôtre.
Aujourd’hui, nous nous souvenons d’eux, eux qui ont servi sous le drapeau français, parce qu’ils aimaient la France, et parce qu’ils avaient confiance en elle.
Aujourd’hui, dans chaque département, la Nation leur rend un hommage silencieux et solennel. Ils venaient de toute l’Algérie : de Kabylie, des Aurès, de l’Ouarsenis, des Hauts Plateaux, de l’Oranie et du Constantinois. Ils connaissaient le terrain, la langue, les villages. Ils furent engagés dans des combats souvent fratricides, qui déchiraient les familles et les communautés.
Harkis dans les unités de l’armée, moghaznis auprès des sections administratives spécialisées, membres des groupes mobiles de sécurité ou des groupes d’autodéfense qui protégeaient les villages : ils furent de toutes les missions, ils furent de tous les combats. Aux côtés des militaires de carrière et des appelés, ils partagèrent les patrouilles, les nuits de garde, les marches, le danger, tissant les liens d’une indéfectible fraternité d’arme. Beaucoup y laissèrent la vie.
Ils avaient confiance en la France, mais vis-à-vis d’eux, elle a manqué à elle-même. À ces combattants et à leur famille, laissés sur place alors que les appelés repartaient en métropole et que la guerre prenait fin. Seuls, ils ont fait face aux déchaînements de violences et d’exactions, de tortures et de représailles.
Une partie d’entre eux parvint à gagner la France, souvent grâce à des officiers restés fidèles aux leurs, qui ont sauvé l’honneur. Dans l’exil, beaucoup connurent les camps, les hameaux de forestage, dans des conditions indignes. Ils y firent preuve, une fois encore, d’un remarquable courage.
La France doit aussi cet hommage aux femmes, épouses, mères, sœurs, qui ont partagé la peur, l’exil, le déracinement. Elles ont dû bâtir une vie nouvelle d’une rive à l’autre de la Méditerranée, sans espoir de retour, elles ont tenu les familles debout, elles ont transmis la mémoire, elles ont transmis la culture.
La France se souvient aussi des enfants, passés par Rivesaltes, le Larzac, Bourg-Lastic, ceux qui grandirent à Bias, à Saint-Maurice-l’Ardoise, à Mas Thibert ou dans les hameaux de forestage. Ils ont fait entendre la voix de leurs parents, obtenus que leur histoire soit reconnue; ils ont transmis cette mémoire à leurs propres enfants. Nombre de leurs descendants servent aujourd’hui la France, encore, sous l’uniforme, comme dans tous les métiers de la République.
La Nation doit cet hommage légitime à ses combattants.
Car ils étaient soldats de la France.
Parce que leur mémoire fait partie pleine et intégrante de notre histoire nationale : en tant que telle, et parce qu’elle a été trop souvent marginalisée, elle doit être valorisée, cultivée, transmise. Elle doit être aussi défendue face aux attaques et aux mensonges, nourris par l’ignorance et la lâcheté.
La mémoire des harkis est un héritage de fierté de la Nation, et jamais nous ne tolérerons de le voir bafouer. Dans chaque département de France, les Harkis, combattants supplétifs et leurs familles reçoivent l’honneur qui leur est dû et la reconnaissance qui est inscrite dans notre loi républicaine.
Parole leur a été donnée par le président de la République en septembre 2021, une parole d’honneur, je la cite « Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance. Nous n’oublierons pas. Aux combattants abandonnés, à leurs familles qui ont subi les camps, la prison, le déni, je demande pardon, nous n’oublierons pas ».
Cette parole a respecté la promesse de la France et elle l’a restauré. Parce que jamais la France, notre pays, n’est aussi grande que quand elle répare une telle injustice.
Harkis, combattants des formations supplétives et soldats sans nom, votre mémoire repose aussi dans la flamme sans cesse ravivée de l’Arc de Triomphe, qui éclaire la conscience et les pas de ceux qui vous succèdent.
En ce 25 septembre, la Nation tout entière honore la mémoire des harkis, dont la fidélité, le sacrifice et l’engagement nous sont laissés comme le plus beau des héritages et des exemples.
À nous d’y puiser la force d’âme dont nous avons tant besoin.
Vive la République et vive la France!


