Hier, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi renforçant la protection des mineurs face aux risques des réseaux sociaux, en instaurant une majorité numérique. J’ai voté en faveur de ce texte, convaincue qu’il constitue une avancée nécessaire pour mieux protéger les plus jeunes dans un environnement numérique devenu toujours plus complexe.

Ce vote s’inscrit pleinement dans la continuité des travaux que j’ai conduits en tant que rapporteure de la mission d’information sur l’irruption de l’intelligence artificielle dans les ingérences étrangères. Ce rapport met en évidence une réalité préoccupante : les puissances étrangères et les acteurs malveillants exploitent désormais les capacités de l’intelligence artificielle pour manipuler l’information, cibler les citoyens avec une précision inédite et amplifier les campagnes de désinformation à grande échelle.

Les jeunes constituent un public particulièrement exposé à ces nouvelles formes d’influence. Les réseaux sociaux sont devenus l’un des principaux espaces d’information, de socialisation et de construction de l’esprit critique. Dans cet environnement, les contenus générés ou amplifiés par l’intelligence artificielle, les recommandations algorithmiques et les stratégies de manipulation de l’attention peuvent fragiliser le discernement des plus jeunes.

La majorité numérique ne constitue pas une réponse à elle seule à ces défis. Mais elle représente un premier rempart indispensable. Elle affirme un principe simple : les plateformes doivent assumer leur responsabilité dans la protection des mineurs et ne peuvent plus laisser les plus jeunes accéder sans garde-fous à des espaces où circulent des contenus susceptibles de les manipuler, de les exposer à la haine ou de les rendre vulnérables aux stratégies d’influence.

Dans notre rapport, nous appelions à renforcer la résilience démocratique de notre pays face aux nouvelles menaces informationnelles. Cette résilience passe autant par le développement de notre souveraineté technologique que par la protection de nos concitoyens, en particulier des plus jeunes, contre les manipulations numériques.

La protection de l’enfance et la défense de notre démocratie ne sont plus deux combats distincts : à l’heure de l’intelligence artificielle, ils sont indissociables.

En votant ce texte, j’ai souhaité réaffirmer cette conviction : préparer notre jeunesse aux défis du numérique, c’est aussi préparer la France à mieux résister aux ingérences étrangères et aux nouvelles formes de guerre informationnelle.